Si nous avons remporté une victoire avec l’annonce d’une nouvelle formation pour les enseignants bilingues à Rennes pour la rentrée 2027 (annoncée par le Ministre de l’Éducation nationale le 16 décembre 2025 et confirmée par le recteur de l’académie de Rennes dans le cadre du comité de suivi de la convention État-Région Bretagne sur la transmission de la langue bretonne le 18 décembre 2025, voir aussi l’article précédent), nous devons cependant aller plus loin.
Nous sommes également préoccupés que la formation de Brest sera maintenue comme une licence en sciences de l’Éducation adossé ) PPPE (Parcours Préparatoire au Professorat des Écoles) et du choix d’une autre licence adossée également à un même type de parcours pour Rennes. Nous n’avons pas encore gagné une LPE bilingue comme en Corse ou au Pays Basque Nord pour le moment. Voir ici la réponse du Ministère de l’enseignement supérieur à la lettre de sommation adressée par le cabinet d’avocats Coudray.
Parallèlement, Il a été annoncé également qu’une licence LPE (Licence Professorat des Ecoles) ”parcours langue bretonne” sera par ailleurs ouverte à Rennes à la rentrée 2026 avec un “renforcement linguistique” de 100 H sur 3 ans dans le cadre du bloc “adaptation à chaque territoire” prévue par l’arrêté du 9 septembre 2025, Ce “renforcement linguistique” équivaut en réalité à environ une heure par semaine, volume comparable aux initiations à la langue bretonne des certaines écoles primaires du Finistère.
Enfin, le ministère a publié l’arrêté en date du 12 janvier 2026 fixant le cadre national des Masters Enseignement et Education (M2E) et nous constatons l’absence totale de prise en compte des langues régionales. L’arrêté ne mentionne pas les termes « langues régionales » à la différence de l’arrêté du 9 septembre 2025 fixant le cadre national de la licence professorat des écoles qui évoquait, mais de façon fort succincte, les langues régionales dans le bloc de 100 H pour “l’adaptation à chaque territoire”.
Nous avons sollicité dans le cadre de la fédération “Pour que vivent nos langues” une demande de rendez-vous auprès du Ministre de l’Education nationale. Cette demande a été adressée après que la sénatrice Mme Karine Daniel et le Sénateur Max Brisson ont rencontré mardi 6 janvier le ministre de l’Education Nationale, M. Édouard Geffray pour lui présenter les recommandations du rapport sénatorial, publié le 15 octobre 2025, sur la mise en œuvre de la loi du 21 mai 2021 dite « Loi Molac ». Ils lui ont rappelé la nécessité de prendre en compte les langues régionales dans la réforme de la formation initiale des enseignants, considérée comme “un virage à ne pas manquer” .
Au niveau national, à travers la fédération “Pour que vivent nos langues”, nous demandons :
- la prise en compte des langues régionales dans la formation initiale des enseignants, avec la création de LPE bilingues français-langues régionales avec l’inscription dans la maquette d’un volume horaire d’enseignement de langues régionales adaptable à chaque situation territoriale et d’enseignements disciplinaire dispensés en langues régionales,
- un Master “M2E” avec au moins 50% des enseignements en langue régionale pour les lauréats des CRPE spécifiques et l’inscription dans la maquette d’un volume commun concernant les aspects didactiques de l’enseignement bilingue,
- enfin, la possibilité tout au long du parcours universitaire de suivre des cours de matière disciplinaire en langue régionale pour permettre aux futurs professeurs d’enseigner en langue régionale.
Nous réclamons également la constitution d’un groupe de travail interpartenarial (DGESCO + DGSIP + IGESR + acteurs de terrain) pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport sénatorial.
En ce sens, nous avons demandé l’appui des députés et sénateurs ainsi qu’auprès de certains élus du Conseil Régional de Bretagne. Voir la lettre ci-dessous.
